L'ÉVOLUTION DU DEUIL
Le deuil se caractérise par l'ensemble des réactions
psychologiques et physiques ressenties à la mort
d'une personne significative, ainsi que par le travail
de détachement et d'adaptation qui suit. Socialement,
on a tendance à penser que la période de deuil se termine
après le funérailles, mais les personnes éprouvées savent
bien qu'il en est autrement. En fait, il s'agit d'un processus
souvent très exigeant et plus ou moins long. Ce processus
comporte trois grandes phases : ces phases sont nommées
différemment selon qu'on les considère comme des effets
de la perte subie ou comme des tâches nécessaires pour
résoudre le deuil.
Le choc ou la confrontation à la réalité de la perte.
Ce mot doit être pris dans un sens très relatif. Selon les circonstances, le choc peut être ressenti à divers degrés d'intensité et de durée. Il peut être bref ou persistant, comme il peut être violent ou très modéré. Certaines personnes expriment fortement ce qu'elles ressentent tandis que d'autres intériorisent davantage. Règle générale, le choc ne dure que quelques heures ou quelques jours tout au plus. Le soutien des proches et la nécessité de procéder aux funérailles contribuent grandement à diminuer l'effet de choc ressenti par les endeuillés.
La désorganisation ou le détachement.
Dans certaines situations, le détachement est relativement facile, serein, et ne soulève pas de grandes difficultés de quelque ordre que ce soit. Cependant, il est normal que la coupure définitive des liens qui existaient avec une personne significative ne se produise pas d'un seul coup dès que cette personne est décédée. Tout l'investissement affectif, le temps, le partage d'idées et de sentiments, les espoirs et les projets vécus en commun, tout ce que la relation a nécessité pour se bâtir ne peut être effacé du jour au lendemain, comme par magie. La coupure physique provoquée par la mort est radicale, mais le détachement psychologique et affectif se fait graduellement, entraînant plus ou moins pour beaucoup d'endeuillés de multiples bouleversements dans plusieurs sphères de leur vie quotidienne. L'importance des bouleversements dépend de plusieurs facteurs reliés au type de relation, à la personnalité et aux conditions de vie de l'endeuillé. Toutefois, se détacher ne signifie pas oublier puisque, au contraire, l'évocation des souvenir reliés à la relation passée est désormais le seul lien possible avec la personne décédée.
Le rétablissement ou l'adaptation à la nouvelle réalité.
Le détachement s'accompagne normalement d'une
adaptation graduelle à la nouvelle réalité et cette
adaptation comporte parfois des passages difficiles :
remises en question et troubles fonctionnels divers,
incertitude face à l'avenir, élans d'espoir suivis de
périodes de doute ou de découragement, etc.
Toutefois, la grande majorité des personnes
éprouvées par une perte, même sévère, parviennent à
s'adapter à leur nouvelle situation, en s'appuyant sur
de nombreuses ressources. Ces ressources, tant
internes qu'externes existent et la plupart des endeuillés
les emploient à leur mieux être. Ils se sentent alors
confiants dans l'avenir et procèdent à une réorganisation
de leur existence.
En résumé, même si l'absence de l'être cher ne sera
jamais comblée, le survivant ne reste pas en deuil pour
toujours. Le travail de deuil devrait aboutir à un
rétablissement permettant la poursuite d'une
existence normale.
Il est important de toujours considérer les phases du
deuil comme interdépendantes ; elles ne se présentent
pas toujours dans un ordre chronologique précis et
peuvent se chevaucher ou s'imbriquer l'une dans l'autre
au cours du deuil.
DEUIL-RESSOURCES
ROGER RÉGNIER et LINE SAINT-PIERRE
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